Auteur: Dirk Henn
Éditeur : Queen
Année de parution : 2003
Nb de joueurs : 2-6
Durée : 45-60 min.
Catégorie : Spéculation

Pointage obtenu pour le palmarès : 118
Fréquence retrouvée dans les listes : 6
Fréquence retrouvée en 1ere place : 0

Pourquoi?
Ce n'est pas un jeu qui fait l'unanimité. Plusieurs lui reprocheront notamment sa froideur, renforcée par un style de jeu multi-solitaire, c'est-à-dire totalement dénué d'interaction. Mais c'est un jeu assez solide pour s'être mérité le prestigieux Spiel des Jahres en 2003. Ce n'est pas rien! Notre palmarès confirme d'ailleurs ce succès légitime. Il faut dire qu'en plus d'avoir une présentation soignée et des règles claires, Alhambra possède d'indéniables qualités ludiques, dont celle de faire partie de ces trop rares jeux qui peuvent à la fois réunir des néophytes et des joueurs passionnés autour d'une table. Qui plus est, trois extensions sont déjà sur le marché depuis la sortie du jeu il y a deux ans. Ce succès commercial atteste bien que nous avons là presqu'un incontournable à toute ludothèque.

Le saviez-vous?
Sous ses airs de construction médiévale qui nous rappelle inévitablement Carcassonne, Alhambra trompe souvent son public ciblé! Des critiques notoires comme Faidutti, Haffner et Ludo le gars catégoriseront en effet Alhambra tantôt parmi les jeux de connexion, tantôt parmi ceux de gestion. Ils ont tout faux! S'il est vrai que le jeu utilise ces derniers mécanismes dans ses règles, nous sommes avant tout en présence ici d'un jeu de spéculation; un descendant direct d'une référence du genre, Acquire, duquel il recycle les règles pour marquer des points (1er majoritaire, 2e majoritaire, etc.). À l'origine d'ailleurs, Dirk Henn avait conçu son jeu sans cet ajout de tuiles qu'il faillait gérer et bien disposer en respectant un ordre précis de connexion. Son jeu s'appelait alors Al Capone, première version qu'il publia à son compte (chez sa compagnie d'édition db spiele), et il arborait, vous vous en doutez bien, un thème de mafia à travers lequel les joueurs devaient exercer leur influence criminelle sur des commerces au lieu d'acheter des constructions. C'était en 1992. Six ans plus tard, le mécanisme de spéculation devenait beaucoup plus identifiable alors que Henn rééditait son jeu chez Queen en l'appelant Stimmt So! (Gardez le change!). En tant qu'actionnaires, les joueurs devaient alors acheter le plus de parts possible dans des compagnie internationales à New York, Moscou, Francfort et Tokyo. Les devises monétaires avec lesquelles il fallait jongler devenaient les dollars, les roubles, les marks et les yens. La mécanique centrale du jeu trouvait désormais un thème qui lui collait bien. Après le succès phénoménal récolté par Carcassonne en 2001, on devine bien que la stratégie de Dirk Henn et de Queen s'est sûrement inspiré de ce dernier jeu pour apporter les ajouts nécessaires à Stimmt So! afin de le rendre plus rentable, c'est-à-dire plus accessible au grand public (peu friand de thèmes financiers en Europe). Il fallait que ce soit assez accessible du moins pour faire d'Alhambra un jeu de spéculation déguisé en jeu de connexion et de gestion!