Auteur: Dirk Henn
Éditeur : Queen
Année de parution : 2002
Nb de joueurs : 2-5
Durée : 120-180 min.
Catégorie : Conquêtes

Pointage obtenu pour le palmarès : 142
Fréquence retrouvée dans les listes : 6
Fréquence retrouvée en 1ere place : 0

Pourquoi?
Ce n'est pas un hasard si Wallenstein et A Game of Thrones sont si près l'un de l'autre dans ce palmarès. Les deux jeux sont du même acabit : tous les deux sont des jeux de conquêtes, tous les deux sont des gros jeux d'une durée considérable, tous les deux sont des jeux où les stratégies s'exercent par le biais d'une phase de programmation. C'est pourtant Wallenstein qui finit toujours par surpasser son vis-à-vis en terme de popularité. À première vue on pourrait s'étonner d'un tel constat. D'abord le thème qui, bien que marginal et habilement exploité, n'est pas aussi fusionné aux mécanismes. La preuve en est que Queen a décidé de rééditer Wallenstein en substituant la Guerre de Trente ans (1618-1648) et son fameux duc qui donne son nom au jeu par celui de l'époque des Shogun du Japon médiéval. Puis il y a les mécanismes. Le hasard qui gère la résolution des ordres programmés ainsi que celle des combats risque de laisser bien des friands de stratégie militaire sur leur faim. Mais c'est peut-être là aussi un atout pour Wallenstein qui, somme toute, n'a pas la prétention d'offrir cette même rigueur exigeante pour les neurones que nous propose A Game of Thrones. Le jeu de Dirk Henn a choisi plutôt de se concentrer davantage sur l'administration d'un royaume en guerre que sur une logistique militaire constante et sans répit. On mise donc ici sur tout ce qui entoure les conflits également : constructions de bàtiments, contrôle de la famine, gestion d'argent. Et quand vient le temps des affronts, à défaut de moins de stratégie, Wallenstein a du moins le mérite d'offrir une touche d'originalité qui fait tout son charme : la fameuse tour de combats.


Le saviez-vous?
Si Dirk Henn a fait bon usage du petit gadget qui aide à la notoriété de son jeu, il n'est pourtant pas le premier à avoir utilisé la tour de combat. Le mérite revient à Ronald Hofstötter, un auteur qui semble faire une spécialité de créer des jeux légers empruntant certains mécanismes généralement utilisés dans des jeux plus consistants. C'est le cas par exemple pour son Venezia et son Alexander the Great, deux jeux de majorité qui nous font penser respectivement à El Grande et à Power Grid. Hofstötter a inauguré l'usage de la tour de combat avec un autre jeu paru avant Wallenstein chez Queen: Im Zeichen des Kreuzes (Sous le signe de la croix). Il s'agit d'un jeu de conquêtes léger (l'auteur est fidèle à lui-même) qui nous transporte dans l'ère des Croisades. Sans être incontournable, le jeu n'est toutefois pas dénué d'intérêts. Mais l'éditeur devait avoir beaucoup d'attentes avec l'astucieuse petite tour et c'est peut-être la raison pour laquelle il n'a pas tardé à publier Wallenstein un an plus tard afin de faire un deuxième essai pour récolter le succès escompté. La deuxième prise fut la bonne.