Auteurs : Michael Kiesling & Wolfgang Kramer
Éditeur : FX Schmid/Amigo
Année de parution : 1999
Nb de joueurs : 2-4
Durée : 90 min. à 120 min.
Catégorie : Territoires

Pointage obtenu pour le palmarès : 197
Fréquence retrouvée dans les listes : 9
Fréquence retrouvée en 1ere place : 1

Pourquoi?
Le Spiel des Jahres 2000 a créé un peu la controverse lors de sa révélation. Le fameux prix, généralement attribué à des jeux destinés au public familial, était cette fois remis à un jeu plutôt abstrait, légèrement complexe et même un peu trop froid pour certains. Mais, comme Bruno Faidutti le mentionne sur son site, les trois finalistes cette année-là semblaient tous vouloir éviter le profil pour gagner : Carolus Magnus est également très froid pour le public familial et Citadelles fonctionne surtout bien à partir de cinq joueurs (et les familles allemandes comptent en moyenne quatre membres). Il faut dire cependant que Torres avait un certain mérite par rapport à ses compétiteurs : celui de jouer avec trois dimensions. Ce n'est que depuis 25 ans tout au plus que les auteurs de jeux s'aventurent vraiment avec la hauteur dans leurs créations. Certains titres furent reconnus par la critique, tels Ascension de Rémy Durrens qui reçu le Pion d'or de la revue Jeux & Stratégie en 1982, ou encore Terrace d'Anton Desder et Buzz Siller, récompensé de la médaille de Bronze en 1992 par l'Industrial Designers Society of America! Mais ces succès, à caractère «trop sérieux» furent un peu mitigés auprès du grand public. Si Torres provient du même moule, il avait trois avantages sur ces prédécesseurs pour être le premier jeu du genre à être consacré comme jeu familial recommandable : 1. Un nom (Kramer), parmi les deux auteurs, réputé pour être gage d'accessibilité. 2. Une association inévitable au gagnant du Spiel des Jahres de l'année précédente, Tikal, auquel il empruntait plusieurs mécanismes ainsi que les deux mêmes créateurs. 3. Le recours au hasard par l'entremise de cartes actions. Sans ce dernier détail, que plusieurs reprocheront au jeu une fois qu'ils auront essayé son grand frère Java, Torres aurait probablement été trop lourd pour le grand public. En tirant profit de cette dose d'aléatoire, Torres s'avère tout aussi fluide, équilibré et accessible que Tikal. Mais avec sa surface de jeu moins grande et son intégration de la hauteur comme élément tactique, le jeu est également plus interactif et plus subtil. Une douzième position bien méritée.

Le saviez-vous?
On peut croire que Kramer est sorti des sentiers battus avec la nature tridimensionnelle de son jeu mais il avait pourtant tâté le terrain 10 ans auparavant. L'ancêtre direct de Torres était paru chez Kosmos en 1990 sous le nom de Terra Turrium. Affichant le même intérêt pour jouer avec la hauteur et impliquant également la construction de tours en blocs, le jeu était cette fois totalement dénué de hasard. De la stratégie pure, et très abstraite de surcroît, puisqu'il n'y avait plus l'ombre d'un chevalier ou d'un roi. Il suffisait tout simplement de poser des drapeaux de sa couleur sur chacun des six niveaux qu'il fallait construire.