Auteur : Martin Wallace
Éditeur : Warfrog
Année de parution : 2002
Nb de joueurs : 3-6
Durée : 120 min. - 180 min.
Catégorie : Destinations

Pointage obtenu pour le palmarès : 240
Fréquence retrouvée dans les listes : 10
Fréquence retrouvée en 1ere place : 0

Pourquoi?
Parce que c'est un chef d'oeuvre bien entendu! Et pas seulement celui de Martin Wallace. Age of Steam est le chef d'oeuvre des jeux de destinations, tout simplement. Oh, bien sûr, il a ses défauts : le matériel est d'une laideur repoussante et ne comptez pas trop sur fiston de huit ans ou sur Grand-maman pour faire une partie avec vous. Age of Steam est avant tout un jeu de substance très cérébral, un solide poids lourd dont les règles prendront 15 à 20 minutes à expliquer aux apprentis. Mais vous vous doutez bien que ces détails en valent le trouble si le jeu figure dans notre top 10. C'est parce que Age of Steam est la quintessence des jeux qui l'ont précédé. Martin Wallace est historien de formation et ça se voit. Pas seulement à cause des thèmes bien intégrés dans ses jeux, mais surtout pour ses aptitudes à la synthèse, lesquelles il a mis en oeuvre pour son meilleur jeu. Wallace a en effet repêché le meilleur de deux classiques du genre : le 1829 de Francis Tresham et l'Empire Builder de Bromley et Fawcett. Du premier jeu il a récupéré l'aspect financier et spéculateur. Mais au lieu de gérer plusieurs compagnies de trains comme dans 1829, Wallace a choisi de concentrer les joueurs sur une seule. La pression est ainsi beaucoup plus tendue si la compagnie éprouve des difficultés! Du second jeu, il a retenu le système permettant aux joueurs d'acheter et de tracer au crayon leurs chemins de fer comme bon leur semblent pour atteindre leurs objectifs. Il a recyclé le procédé sous forme de tuiles. Puis, Wallace a intégré des mécanismes de son cru. D'abord le système de règles provenant de son Way out West pour ajouter à l'interactivité et pour limiter les actions des joueurs, puis un système d'association entre les couleurs des marchandises et celles des villes récipiendaires. Cette dernière ingéniosité est celle sur laquelle repose tout le jeu. Apparaissant aléatoirement (enfin presque), ces marchandises qui doivent être livrées à bon port représentent tout le défi avec lequel les joueurs auront à jongler puisqu'ils voudront d'abord les faire passer par leurs chemins de fer (c'est gratuit) et ils voudront également que le trajet soit long (c'est plus payant). Assemblez tous ces éléments et vous constaterez qu'en plus d'être un jeu très solide, Age of Steam offre une excellente rejouabilité. Cette dernière est d'ailleurs augmentée par les différentes cartes géographiques qu'on peut se procurer en ajout.

Le saviez-vous?
Il est assez régulier de voir des jeux subir des rééditions et voir tantôt leur thème changé, tantôt leurs mécanismes modifiés, tantôt les deux. Rarement aura-t-on été témoin toutefois d'un parcours d'évolution notoire, tracé d'édition en édition par un jeu de société, de sa première version jusqu'à sa version la plus aboutie. Ainsi en est-il avec Age of Steam, qui se veut l'amélioration de Voldampf paru en 2001. Ce dernier est une amélioration de New England Railways (paru en 2000), lui-même une version plus achevée de Lancashire Railways(paru en 1998), lequel inaugura la chaîne. À croire que Martin Wallace voulait faire tester et modifier son prototype d'Age of Steam devant le monde entier!