Auteur : Uwe Rosenberg
Éditeur : Amigo
Année de parution : 1997
Nb de joueurs : 2-7
Durée : 60 min.
Catégorie : Commerce

Pointage obtenu pour le palmarès : 216
Fréquence retrouvée dans les listes : 11
Fréquence retrouvée en 1ere place : 0

Pourquoi?
Uwe Rosenberg n'avait que 27 ans lorsque fut édité son jeu qui allait le propulser parmi les auteurs à succès dans le marché des jeux de société. C'est plutôt jeune quand on le compare à des noms comme Kramer, Knizia, Teuber, Sackson, Randolph, lesquels ont tous acquis ce statut autour de la quarantaine. Seul Richard Garfield a réussi le même exploit avec Magic : The Gathering. C'est d'autant plus avec un jeu fort inusité que Rosenberg allait laisser sa marque. D'abord pour le thème : ici pas question de bêtes fabuleuses et de sorcellerie médiévale, ni de gestion économique au temps de la Renaissance; pas de réseaux de voies ferrées sur des cartes géographiques familières et pas d'animaux domestiques non plus. Bohnanza nous parle de «beans». Des «beans» qu'il faut cultiver et/ou échanger avant de les vendre au meilleur profit. Et sur ce thème qui n'a rien de vendeur, Rosenberg allait coller des mécanismes qu'un néophyte allait trouver assez tordus après une première lecture des règles. Le genre de lecture qui nous laisse perplexe quant à l'efficacité du jeu. Résultat : huit ans après sa parution, Bohnanza est encore édité, traduit en anglais et français, décliné en deux autres versions (Bohn Anza et Rabohnzel) et possède maintenant neuf extensions : Bohnanza Erweiterung-Set, La Isla Bohnita, Al Cabohne, High Bohne, Mutabohne, Ladybohne, Bohnaparte, Dschingis Bohne, Telebohne. Alors, quel est le secret du succès de ce petit jeu de cartes qui sort des sentiers battus? C'est d'abord l'inspiration; celle du système qu'avait trouvé Francis Tresham pour sa phase de commerce dans son Civilization (je vous l'avais bien dit que ce jeu était responsable de bien d'autres dans ce palmarès!). En bon statisticien de formation, Rosenberg a dû accrocher sur la valeur exponentielle des produits qu'on amasse dans une même série. La méthode allait être identique pour marquer des points dans le jeu de «beans». Le sel du jeu toutefois allait être une trouvaille originale de l'auteur : la gestion des cartes qu'un joueur tient dans sa main; gestion qui oblige à respecter un ordre précis pour jouer des cartes, qui interdit la défausse de cartes et qui force à négocier avec les adversaires. Ajouter à cela un humour très BD, avec des «beans» à l'oeil au beurre noir et des «beans» qui puent. Voilà qui explique le succès phénoménal de Bohnanza.

Le saviez-vous?
Le joueur averti et observateur se sera vite rendu compte que les responsables du marketing derrière le succès de Bohnanza, et particulièrement de ses extensions, ont su tirer profit de celui des Colons de Catane. On note en effet que les extensions La Isla Bohnita (qui implique l'exploration d'îles) et High Bohn (qui implique la construction d'une ville) sont respectivement parues en 1998 et en 2000. Or les extensions des Colons de Catane que sont Les Marins de Catane et Les Villes et Chevaliers de Catane, sont respectivement parues dans leur édition originale allemande en 1997 et en 2000.