Auteur : Friedemann Friese
Éditeur : 2F
Année de parution : 2001
Nb de joueurs : 2-6
Durée : 120 min. - 150 min.
Catégorie : Développement

Pointage obtenu pour le palmarès : 293
Fréquence retrouvée dans les listes : 13
Fréquence retrouvée en 1ere place : 0

Pourquoi?
Friedemann Friese est un auteur qui nous a habitué à des jeux détonants de la production allemande classique. Que ce soit pour son Fisch, Fluppen, Frikadellen pouvant se jouer jusqu'à 15 joueurs sur trois plateaux simultanés, pour son Finstere Flure et son monstre prédateur qui se déplace comme un robot le ferait avec une série d'algorithmes, ou encore son Frischfleish, qui nous mets dans la peau de rescapés voués à devenir cannibales sur une île déserte, l'auteur aux cheveux verts ose toujours dans les sentiers moins battus, et avec des résultats généralement convainquants. On sera donc en droit de se demander en effet pourquoi c'est l'un des jeux les plus conventionnels de Friese qui récolte toute cette popularité. Une fois passé le thème un peu inhabituel, il n'y a en effet rien de bien novateur dans Funkenschlag : des enchères, de la gestion de ressources, de la construction et des connexions, le tout se déroulant sur un carte géographique contemporaine. Nous avons là un gros jeu de développement qui rappelle un peu Age of Steam dans ce qu'il exige de planification aux joueurs mais qui est, au final, un peu moins éprouvant pour les neurones. Funkenshlag est toutefois assez inusité dans la manière que l'auteur s'y est pris pour corroborer toute la structure de son jeu. Et c'est sans doutes pour cette façon de faire qu'il devient si captivant. Car dans Funkenshlag la clé de la victoire, contrairement à Caylus, c'est d'être le joueur qui joue toujours en dernier! Être le dernier joueur à chaque tour nous permettra d'avoir fort probablement accès à des meilleures centrales que nos adversaires qui ont acheté avant nous, nous fera payer moins chères les ressources pour alimenter ces centrales et nous laissera le premier choix pour raccorder nos villes avant tout le monde. Le problème, c'est qu'en profitant de ces avantages, on risque de se retrouver premier joueur à la longue. Le vrai défi donc, c'est d'être toujours dernier jusqu'au moment où il faut être le premier à raccorder un certain nombre de villes alimentées!

Le saviez-vous?
Ceux et celles qui connaissent bien Les Simpsons et qui regardent l'émission en anglais pourront sans doutes se délecter du texte qui suit. On sait en effet que la très célèbre émission met notamment en scène un personnage bien singulier qui tient le rôle du patron d'une usine d'alimentation nucléaire où travaille Homer Simpson. Monsieur Burns est tout bonnement la version modernisée et très caricaturée du célèbre Scrooge de Charles Dickens : un vieux millionnaire cynique, cupide et machiavélique, aussi frèle qu'insensible, totalement imbu de sa soif éternelle de pouvoir. Et il est absolument hilarant! Il se trouve qu'un illustre inconnu s'est inscrit sur le site Boardgamegeek en prenant comme pseudonyme le nom de Charles Montgomery Burns, et ce dans le simple but d'écrire un texte fort savoureux. Ce texte emprunte plusieurs phrases citées par le personnage dans différents épisodes des Simpsons pour ensuite être structurées de manière à nous montrer à quoi ressemblerait l'explication des règles de Funckenschlag si elles étaient présentées par Monsieur Burns :

Subject: Charles Montgomery Burns Teaches Power Grid

Why, my good man, you're the fattest thing I've ever seen, and I've been on safari.

Oh, I'm sorry, I thought you were the IRS! Hello there. I'm Charles Montgomery Burns. You say you want to know how to win this little inconsequential "Power Grid" game eh? Well, you've come to the right place.

Come here to my balcony. See all those people milling like ants around my nuclear power plant? Look at them. Goldbrickers.... Layabouts.... Slug-a-beds! Little do they realize their days of suckling at my teat are numbered. Ah, Monday morning. Time to pay for your two days of debauchery, you hungover drones.

Where were we? Oh, yes. How to win this so-called Power Grid game. I'll keep it short and sweet -- Family. Religion. Friendship. These are the three demons you must slay if you wish to succeed.

When bidding for a power plant, bid aggressively! What good is money if it can't inspire terror in your fellow man?

Don't worry about buying the nuclear power plants! Radioactive material is cheap! What about meltdown you say? Oh, meltdown. It's one of those annoying buzzwords. We prefer to call it an unrequested fission surplus. I should know. A lifetime of working with nuclear power has left me with a healthy green glow... and left me as impotent as a Nevada boxing commissioner.

Money is the most important thing in this Power Grid game! Hmmm? Eternal happiness for one dollar? I'd think I'd be happier with the dollar.

Don't worry about the oil and coal plant emissions, either. Who cares if the people complain? Just give the great unwashed a pair of oversized breasts and a happy ending, and they'll 'oink' for more every time.

Inspect the power plant location? I don't go out, thank you. I don't like being outdoors. For one thing, there's too many fat children. Besides, what's this useless map of Germany? No one cares about Germany.

Ooh, the Germans are mad at me. I'm so scared! Oooh, the Germans!

Your opponents are insects. Treat them as such! Any man who outbids me for something I want, I could crush him like an ant. But it would be too easy. No, revenge is a dish best served cold. I'll bide my time until ... Oh, what the hell. I'll just crush him like an ant. Non-violence never solved anything!

You agree? Excellent?

Always start building your network in Springfield! Look outside my window. See that house? It's a great spot. That house has quite a long and colorful history. It was built on an ancient Indian burial ground, and was the setting of Satanic rituals, witch-burnings, and five John Denver Christmas specials.

What? I'm not telling you anything useful? Here's a phone. Call somebody who cares.

I would tell you more, but now it's time to say goodbye. Please get off my property. I suggest you don't dawdle, the hounds will be released in ten minutes.