Auteur : Andreas Seyfarth
Éditeur : Alea
Année de parution : 2002
Nb de joueurs : 3-5
Durée : 90 min.
Catégorie : Développement

Pointage obtenu pour le palmarès : 804
Fréquence retrouvée dans les listes : 31
Fréquence retrouvée en 1ere place : 7

Pourquoi?
Vous l'aviez bien évidemment tous prévu. Mais aviez-vous prédit son score écrasant qui dépasse ceux de nos deuxième et troisième positions réunies? Son nombre de fois cité dans le trois quarts des listes recensées alors que la deuxième position n'en fait même pas la moitié? Son statut de favori confirmé par 1 répondant sur 6 dans les 42 listes envoyées? C'est sur ces données que nous aurions plutôt tendance à se demander le fameux pourquoi ? Car j'avoue être moi-même un peu déstabilisé pour expliquer cette suprématie toute puissante de Puerto Rico dans notre palmarès. On pourrait à première vue se dire qu'il représente l'addition de tous les jeux de développement réunis dans ce top 30, prenant le meilleur de chacun et formant le jeu ultime. On pourrait également croire en un effet boule de neige, un phénomène de bouche à oreille qui n'a pas tardé à se répandre chez les joueurs, faisant de Puerto Rico LA priorité des jeux à essayer avant d'en connaître d'autres qui passent conséquemment dans le domaine de l'inexploré. On pourrait enfin dire de Puerto Rico qu'il contient absolument tout ce qu'il faut pour se qualifier ainsi : un thème bien peu original mais peut-être celui qui est le plus à la mode depuis les dix dernières années ludiques, un matériel fade d'une sobriété digne des prototypes les plus dépouillés mais très efficace et allant directement à l'essentiel, des règles plutôt laborieuses pour le néophyte mais d'une étonnante et fluide assimilation une fois le premier tour entamé, une expérience ludique très inégale quand débutants et expérimentés sont réunis autour du jeu mais d'une telle richesse que tous sont toujours prêts à y rejouer sans exception. En somme, Puerto Rico se résume à un seul mot : étonnement. Étonnement dans l'effet qu'il produit auprès des joueurs, étonnement dans le format et la nature du jeu, étonnement dans sa popularité qui dépasse l'entendement. Qu'Andreas Seyfarth ait eu ou non l'intention d'étonner, il a prouvé que c'est le secret du succès dans le marché du jeu de société.

Le saviez-vous?
À vous tous, les trois quart qui ont placé Puerto Rico dans vos 15 jeux préférés et probablement d'autres qui l'auraient fait s'ils avaient connu le jeu et/ou s'ils avaient participé à ce palmarès, sachez que son auteur a déjà révélé les six jeux sans lesquels son chef d'oeuvre ne serait pas ce qu'il est. Pour apprécier Puerto Rico dans toute son intégrité donc, tachez de jouer aux titres suivants si ce n'est pas déjà fait. Voici les jeux qui ont inspiré la conception de Puerto Rico :

-Civilization : Un passage obligé chez le pionnier pour quiconque veut créer son jeu de développement.

 

-Outpost : Réédité avec un nouveau thême dernièrement sous le titre de Das Zepter van Zavandor, Seyfarth a dit que sa première version de Puerto Rico ressemblait beaucoup à ce jeu. Les rapports entre colons et manufactures sont issus de cette première version.



-Vinci : La valorisation des rôles non choisis par l'attribution de certains bonus est inspirée du systême semblable pour le choix d'attributs de civilisation issu du jeu de Philippe Kayerts.


-Waldmeister : Il s'agit de la première version commerciale de Puerto Rico, que l'auteur a fait paraître chez Hans im Glück en 1994. C'est également le pionnier des jeux aux petits plateaux individuels.

 

-Les Colons de Catane : Des colons sur une île, des ressources produites qu'on peut accumuler, des constructions? Il n'y a peut-être que la phase d'échange, les routes et le brigand qui n'ont pas été retenus pour Puerto Rico.

-Entdecker/Nouveaux Mondes : Une version de Puerto Rico utilisait un systême de tuiles afin de construire d'abord le domaine dans lequel les bâtiments et les plantations allaient ensuite être superposés. Mais le jeu devenait trop long à jouer alors Seyfarth l'a tout simplement aboli pour la version finale.

Et pour les malins qui croient que Citadelles ou Verräter ou Meuterer manquent à cette liste, sachez que Sayfarth affirme qu'il avait inventé et développé son systême de rôles à choisir avant même la publication de ces trois jeux!